Rénovation et reconstruction de l’école élémentaire de Guillestre

Rénovation performante de la partie patrimoniale de l’école, reconstruction en ossature bois de l’autre partie

Commune de 2 000 habitants, Guillestre a réhabilité et reconstruit son école communale de 1 700 m2 destinée à accueillir 125 élèves. L'objectif fixé pour cette action prioritaire de la démarche « AGIR pour l'énergie » de la Région PACA est d'atteindre les niveaux BBC effinergie et Bâtiment Durable Méditerranéen (BDM) Or.

Souhaitant conserver l'aspect architectural d'une partie de l'école, celle-ci a été rénovée avec une isolation par l'intérieur. L'autre partie, ne présentant pas d'intérêt architectural particulier, a été démolie puis reconstruite en ossature bois. La rénovation s'est achevée en 2012 et la reconstruction en 2013.

Une des volontés fortes de la commune de Guillestre a été de vouloir intégrer du bois de la forêt communale dans le bâtiment. Les professionnels intervenants devaient être certifiés « Bois des Alpes » ou s'engager à le devenir au cours de la réalisation du bâtiment. Le bois a été fourni par la commune

Localisation

Description Technique

Zone rénovée
La rénovation a été finalisée fin novembre 2012. L'isolation par l'intérieur a été choisie afin de préserver l'aspect architectural fort du bâtiment.
Lors de la rénovation, l'espace a été optimisé afin de ne pas multiplier les surfaces (chaque pièce ne s'est pas vue affecter un seul usage mais devait être modulable) pour ainsi accueillir et concentrer plusieurs services dans un seul et même bâtiment : cantine, bibliothèque, garderie... Dans la réhabilitation, un plancher collaborant alliant bois et béton a été mis en place avec les poutres existantes.

 

Zone reconstruite
La reconstruction en ossature bois de l'autre partie du bâtiment s'est achevé à l'automne 2013. Le bâtiment est inscrit dans la démarche « Bâtiment Durable Méditerranéen » (BDM) et une Analyse du Cycle de Vie (ACV) a été réalisée afin de connaître l'impact global de la construction et de l'utilisation du bâtiment. Conformément à l'appel d'offres public, du bois local, issu d'une coupe d'une forêt communale régie par l'ONF, a été utilisé lors de la reconstruction.

 

Systèmes de production de chaleur et éclairage
L'éclairage installé est couplé avec un système de détection de présence et de variation de luminosité afin de réduire les consommations électriques nécessaires à ce poste.
L'ensemble de l'école est alimentée par le réseau de chaleur bois de la commune de Guillestre. Afin de diminuer les pertes de chaleur liée à la ventilation, un système de ventilation double flux a été installé.
Une coursive a été créée au nord pour rendre le bâtiment accessible aux personnes à mobilité réduite, le protéger contre le froid, faire un espace tampon et ajouter une circulation commune entre les niveaux.

Caractéristiques économiques

  • Investissement initial : le plan de financement prévoyait un devis de 3 750 000 €, mobilier compris.
  • Subventions à hauteur de 68% par un collectif Etat, CG05, Région PACA, ADEME, Europe (fond FEADER)
  • Aides ADEME de 69k€ éco-conditionnalisées à la réalisation d'une ACV (analyse de cycle de vie) sur la base COCON, à l'utilisation de matériaux bio-sourcés avec un seuil minimum de 100 kg de matériaux par m² de SHON et à une consommation énergéique Créf = -60%.

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Base COCON (base de données qui intègre les caractéristiques thermiques mais également les impacts environnementaux des matériaux de construction recensés.)

Les acteurs du projet

  • Les architectes : BLAY-COULET, J.VOUTIER, PRO.BA.TP
  • Le bureau d'études techniques ADRET
  • Le conseiller en énergie partagé (CEP) de Briançon
  • Les services techniques de la commune de Guillestre
  • L'équipe enseignante de l'école
  • L'association Bois des Alpes

L'avis du maitre d'ouvrage

Qui a participé au projet ?
« Cela faisait plus de 15 ans que l'école devait être rénovée. La direction de l'école a été associée dès l'élaboration du projet pour partager les regards. Il y a enfin eu une association de deux architectes afin de mutualiser les compétences particulièrement sur la partie reconstruite en bois local. »

 

Quelles orientations ont été choisies ?
« Une des volontés fortes de la commune a été de vouloir intégrer du bois de la forêt communale dans le bâtiment. Il a fallu rédiger le DCE en ces termes et les professionnels y répondant devaient être certifiés «Bois des Alpes » ou s'engager à le devenir au cours de la réalisation du bâtiment. Cela a permis d'engager certains professionnels du territoire dans cette démarche et de les faire avancer sur ces champs. »

« La volonté des élus et particulièrement du Maire de construire un bâtiment performant énergétiquement et ayant un impact carbone réduit a été exprimée dès le départ dans le cadre de la démarche régionale AGIR pour l'énergie.
Un voyage organisé au Voralberg en Autriche d'un adjoint de la commune et de la DGS a permis de conforter certains choix techniques: bois local, ventilation double flux. »

« Nous avions bien conscience que l'isolation par l'extérieur était la meilleure solution mais nous souhaitions aussi préserver l'aspect architectural. Nous avons donc fait le choix d'isoler par l'intérieur la partie patrimoniale la plus forte et de déconstruire puis reconstruire en ossature bois la partie ayant le moins de valeur patrimoniale. »

 

Un chantier « école »
« Notre chantier a aussi permis de réaliser 2 jours de formation sur l'étanchéité à l'air pour les bâtiments rénovés ou neufs (reconstruits). L'objectif était la professionnalisation des entreprises locales dans ce domaine.
Concernant l'origine du bois, seul celui des menuiseries n'est pas local.

Comment se sont déroulés les travaux ?
« Il y avait beaucoup de contraintes pour la réhabilitation : conservation du patrimoine, accessibilité Personne à Mobilité Réduite aux différents niveaux, gestion de l'étanchéité à l'air entre l'existant et le neuf... le phasage du chantier à permis de conserver l'école ouverte pendant les travaux en utilisant les différentes ailes du bâtiment. Seules deux classes sur six ont dues êtres externalisées pendant un an.

Le programme de rénovation/reconstruction a également permis de mettre aux normes d'accessibilité le bâtiment et nous avons fait attention à privilégier la polyvalence des espaces. Un suivi et une sensibilisation à l'usage du bâtiment seront nécessaires pour une utilisation adéquate et l'atteinte des objectifs fixés. Une mission de suivi des performances et sensibilisation des utilisateurs a été confiée au BE ADRET sur les deux premières années de fonctionnement.

Concernant l'aspect financier, nous n'avions pas pris d'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage afin de limiter le coût de l'opération mais cela aurait été bien utile par moment pour nous éclairer plus en détail sur certains choix techniques à effectuer ou à contrôler.
Nous avions toutefois exigé une compétence environnementale de l'équipe de maitrise d'œuvre. Cela a été un de nos critères de choix.

Les objectifs fixés en matière d'étanchéité à l'air ont nécessité une attention de tous les instants très importante sur les détails de réalisation des travaux.
Une des entreprises (plaquiste) engagée initialement a fait faillite et il a fallu relancer un appel d'offres pour choisir un nouveau mandataire pour ce lot spécifique. Cela nous a couté environ 60 k€ supplémentaires. »

Les points clefs

  • L'implication de tous les acteurs concernés par le projet : services périscolaires, équipe enseignante ...
  • Une assistance à maitrise d'ouvrage se serait révélée utile pour certains éclairages sur des choix techniques
  • La complémentarité avec un autre projet de la commune : le réseau de chaleur bois
  • L'attention portée à l'économie locale à travers l'approvisionnement en bois, l'incitation à la certification « Bois des Alpes » et les journées de formation à l'étanchéité à l'air.